Le terme « Butô » existait bien avant que Tatsumi Hijikata baptise cette nouvelle danse à laquelle il donnait naissance. C’est un mot formé de deux caractères, le « Bu », qui signifie la danse et que l’on retrouve dans kabuki, concerne le haut du corps tandis que le «tô » signifie « fouler avec les pieds ».
A l’origine, Hijikata utilise le terme général « Buyô » pour parler de sa danse, c’est un terme désignant la danse japonaise dans son ensemble. Le « Butô » désignait alors, depuis le XIXème siècle, les danses étrangères et Hijikata le préféra grâce à ses consonances plus rudes, la rupture entre le Bu et le Tô. Ce n’est qu’ensuite que le mot « Ankoku » vient s’ajouter pour former l’expression « La danse des ténèbres », « La danse du corps obscur » ou encore « La danse sombre ».
Ce lien fait entre l’obscurité et le Butô ne correspond par entièrement au genre dans son ensemble. Dès l’origine, Hijikata et Ôno sont deux artistes diamétralement opposés, Odette Aslan écrit : « Les deux artistes étaient aussi dissemblables dans la vie qu’à la scène. L’un sombre et l’autre solitaire, l’un sauvage, violent, excessif et damné, l’autre doux, christianisé, émerveillé devant la Création – Le premier n’étant d’ailleurs pas dénué de douceur ni le second exempt d’une certaine « folie » »
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