Le butô ou « Ankoku butô Ha » signifiant La danse des ténèbres est de fait une danse japonaise, elle est en effet apparue sur la scène tokyoïte à la fin des années 1950 mais on situe plus précisément sa naissance lors d’une représentation de Hijikata en 1959 considérée comme le premier événement butô. L’ensemble des spectacles fut organisé par l’association pour la danse moderne, Tatsumi Hijikata présente Couleurs Interdites ou Kinjiki, une courte pièce inspirée d’un roman de Yukio Mishima : ce fut un scandale, à la fois blasphématoire mais aussi sacrificiel, il rompt avec les « bonnes mœurs » du Japon mettant en scène la « perversion », la zoophilie, l’homosexualité. Une représentation de quelques minutes qui donne naissance à un genre où se mêlent l’abject et le sacré.
On relie bien souvent la naissance du Butô aux traumatismes de la seconde guerre mondiale, les catastrophes d’Hiroshima et de Nagasaki, mais ce serait une erreur de considérer qu’il n’y a que cela. Le Butô naît dans la révolte, dans le malaise d’un Japon ayant perdu ses valeurs traditionnelles, soumis à une politique étrangère : le traité de sécurité nippo-américain et son renouvellement. Dans ses premières années, le butô prenait la forme d’ « happenings », parallèlement à la performance américaine de la même époque après John Cage, à l’action painting de Jackson Pollock, aux expériences chorégraphiques de la Judson Church, jusqu’à la représentation de La révolte des corps d’Hijikata en 1968 et l’évolution du butô vers les œuvres plus élaborées que l’on connaît aujourd’hui.
Au début des années 1970, la troupe de Hijikata se scinde, la révolte semble s’essouffler et trois nouvelles troupes sont crées, chacune à la recherche d’un objectif particulier. « Hangidaitohkan » dirigée par Hijikata qui se retire de l’interprétation pour se concentrer sur la chorégraphie et crée ainsi les archétypes du Butô avec sa danseuse favorite Yoko Ashikawa, « Tenshikan » de Kasai qui forme le danseur à l’improvisation et enfin, « Dairakudakan » de Maro Akaji qui tente de retrouver l’essence même du Butô dans le chaos fiévreux des années 1960.
Au début des années 1970, la troupe de Hijikata se scinde, la révolte semble s’essouffler et trois nouvelles troupes sont crées, chacune à la recherche d’un objectif particulier. « Hangidaitohkan » dirigée par Hijikata qui se retire de l’interprétation pour se concentrer sur la chorégraphie et crée ainsi les archétypes du Butô avec sa danseuse favorite Yoko Ashikawa, « Tenshikan » de Kasai qui forme le danseur à l’improvisation et enfin, « Dairakudakan » de Maro Akaji qui tente de retrouver l’essence même du Butô dans le chaos fiévreux des années 1960.

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