Présentation du blog : La danse Butô

Dans le cadre d'un cours, Théâtre et autres arts, de deuxième année de licence en Études Théâtrales, je me suis intéressé à la danse Butô et plus particulièrement à ses influences et ses rejets, à la fois Japonais et Occidentaux.

Cela n'est qu'une première approche d'une esthétique chorégraphique particulièrement complexe, il y a certainement des imprécisions et peut-être même des erreurs. Je vous invite donc à palier à mes lacunes et à faire partager vos connaissances pour améliorer ce travail.

Bonne visite,
Zéphyr

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dimanche 29 mai 2011

Introduction aux influences et contre influences occidentales


        Hijikata, lorsqu’il donna naissance au Butô, ne se situa pas seulement en fonction des arts vivants préexistant au Japon mais aussi en rapport à la culture occidentale. Le Butô, par nature, rejette le ballet classique. Celui-ci et sa volonté d’un esthétisme parfait, sa rigueur physique et son imaginaire féerique est aux antipodes du Butô qui prône l’inabouti et l’imparfait, se concentre sur l’intériorité du danseur et non pas l’effet de la danse sur le public et se situe dans un univers fondé à partir des textes de Sade, Lautréamont, Genet ou encore Bataille. De plus, leurs conceptions de la danseuse sont diamétralement opposées dans le sens où la ballerine termine sa carrière lorsqu’elle atteint une quarantaine d’année alors que c’est l’âge où le danseur de Butô ne fait que commencer. C’est une « particularité » que l’on retrouve dans l’art du Nô, qui voit sa finalité « rojaku », la « calme beauté de la vieillesse » et non pas dans la jeunesse des interprètes.
Le Japon a connu en effet deux moments au cours du XXème siècle où l’influence occidentale a imprégné l’art japonais. Le premier fut allemand, un peu soviétique et français dans les années 20, l’autre après la Seconde Guerre mondiale, certains artistes s’imprègnent alors de la pensée dadaïste, surréaliste ou encore futuriste, d’autres sont fascinés par la « Neuetanz » de Wigman, la danse moderne de Ruth Saint Denis, les ballets russes… De nombreuses personnalités du Butô ont avant tout eu une éducation à la danse moderne à l’image de Carlotta Ikeda, initiée à la danse classique, « la base pour connaître son corps » selon elle, puis formée par des proches de Mary Wigman et de Martha Graham. Les liens entre la danse Butô et l’Occident sont forts et multiples, c’est, rappelons-le, en France que le mouvement a atteint une certaine notoriété au grand dam des autorités japonaises soucieuses de l’image du pays à l’étranger. Néanmoins, le Butô n’est pas une manière d’orientaliser la danse moderne, il incorpore certainement des idées, adopte des objectifs semblables mais se considère en opposition avec l’Occident. Le Butô est né dans une période où le Japon se révoltait contre le pouvoir exercé par les Etats-Unis sur leur pays, il rejette ainsi son impérialisme et sa société de consommation.

lundi 9 mai 2011

Les Influences Scéniques

Francis Bacon                 Carlotta Ikeda                   Edward Munch

 L’expressionnisme est tout d’abord un mouvement artistique au sens large, il est en effet présent en danse, en peinture, en architecture… Il apparaît en Europe du nord et Allemagne durant les années 1920. Ce mouvement se définit par une volonté de projeter une subjectivité qui déforme la réalité et inspire au spectateur une réaction émotionnelle. L’art expressionniste se fonde sur des visions angoissantes et souvent violentes nées d’une vision pessimiste du monde
Une vision symptomatique de cette atmosphère qui planait à l’époque et qui donna naissance à la première guerre mondiale. On peut ainsi associer cette perception à celle des danseurs Butô à propos d’Hiroshima.
 

 

Hexentanz ou La Danse de la sorcière de Mary Wigman

Dans ce solo, Mary Wigman porte un masque, accessoire rappelant le théâtre Nô, on constate que la danseuse s’est fortement inspiré d’un certain exotisme, la danse assise étant traditionnelle en Océanie. On peut aussi remarquer cette particularité commune entre ce solo et le butô, le mélange entre représentation de la part obscure du danseur et une forme sacralité dans la danse. Il y a par ailleurs le même rejet des conventions classiques, l’artiste n’hésite pas pratiquer sur le sol, à renier toute esthétique au profit d’une forme de catharsis personnelle. 


Le mime

On remarque aussi de nombreux liens entre le Butô, celui pratiqué par Kazuo Ono principalement, et le mime. Les deux artistes entament la représentation de même base : Un maquillage blanc. Les similitudes tiennent certainement dans un unique objectif :  Celui d’exprimer par le corps, le visage et le geste.

Kazuo Ôno
Le Mime Marceau